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Témoignage d'un foyer volontaire à Pietranera, Haute CorseAprès réflexion, Veronique Vitali, son mari et ses deux enfants ont accepté d'expérimenter le compostage individuel. Un art de vivre et des convictions en phase avec la protection de l'environnement. Ils habitent une villa face à la mer à Pietranera sur la commune de San Martino di Lota qui fait partie de la Communauté d'Agglomération de Bastia (CAB).
Installer un composteur de 280 litres derrière la maison : la décision a été prise en mai dernier lors de la grande réunion festive organisée par le Syvadec, qui s’accompagnait de la projection d'un film sur le tri recyclage au théâtre de Furiani.
Près de 600 composteurs avaient ainsi été distribués pour les habitants de la CAB. Les élus et les équipes techniques du Syvadec avaient longuement expliqué les principes du compostage individuel et maintenant toute la famille Vitali s'est convertie à l'usage quotidien du " bio-seau ", qui est placé dans un des placards à poubelle de la cuisine.
"Nous faisons un tri sélectif qui concerne les cartons et les papiers ainsi que le verre et nous avons pris l'habitude de déposer nos encombrants comme les matériels électriques et l'électroménager usagé à notre recyclerie de proximité qui est à Bastia.
Quant aux déchets végétaux alimentaires, ils atterrisent désormais tout droit dans le bio-seau ! Un comportement citoyen en phase avec les objectifs du Syvadec puisque il est évident dit-elle « qu'un déchet qui n'est pas collecté ne coûte pas d'argent aux collectivités. » C'est une évidence qui permet de réfléchir aux gestes éco-responsables en faveur du développement durable. Car il est certain qu'un déchet fermentescible bien sélectionné et qui va dans un composteur... ne sera pas jeté dans la rue...ou dans un container...ni ensuite dans un camion-benne...non plus que dans une décharge fut-elle légale et autorisée.
PEUT-ON PARLER D'UNE REDUCTION REELLE DES ORDURES MENAGERES ?
Dans cette maison, les poubelles " dites classiques " sont-elles réellement moins lourdes ? Mme Vitali explique : « oui sans aucun doute, car dans notre bio -seau nous mettons les épluchures de fruits, de légumes, de châtaignes, le marc de café, le thé, les coquilles d'oeufs. Et nous constatons que les jours où l'on fait la soupe il se remplit énormément ! Nous le vidons tous les 4 à 5 jours. Les herbes coupées, les feuilles, les fleurs sèches vont directement dans le composteur que nous allons aussi alimenter avec les cendres de la cheminée mais modérément. » En effet trop de cendres peuvent former un " bouchon " et bloquer le processus de la fermentation biologique des micro-organismes. Il appartient à chaque usager de contrôler ses apports, de s'assurer d'une bonne aération du composteur, et d'ajouter éventuellement de l'eau en période de sécheresse dans l'espoir d'obtenir un bon compost utilisable pour fertiliser ses propres plantations sans produits toxiques. Dans cet esprit, elle ajoute : « nous y jetons aussi mais en petite quantité, divers matériaux non textiles mais blancs, comme de l'essuie-tout, des mouchoirs et nappes en papier... à condition qu'ils soient propres. C'est à dire non souillés par des graisses des restes de repas, des huiles de vidanges ou des produits chimiques. » PEUT-ON PARLER D’EXPERIENCE REUSSIE ET QUELS SONT LES RESULTATS SUR LE POIDS DES POUBELLES ? Elle ajoute : « nous obtenons un poids de 3 à 5 kilos à chaque pesée. Mais ce qui est positif c’est qu’avant le bio-seau, je jetais en moyenne 2 et parfois même 3 sacs à poubelle de 30 litres chacun par jour ! Maintenant je ne dépose qu'un seul sac c'est un réel progrès. On peut dire qu'il y a une diminution de moitié du poids de nos déchets ménagers. »
EDUCATION ET MOBILISATION EN FAVEUR DE L’ENVIRONNEMENT.
Mme Vitali a reçu le kit foyer témoin du Syvadec avec le tablier "Femu per dumane", les outils de jardinage, la petite pelle et la balance portative qui permet de peser le bio-seau. Elle remue le contenu de son composteur à chaque fois qu'elle vide le bio-seau mais « sans avoir encore observé les vers de terre qui doivent faire le travail de transformation et de digestion biologique des déchets. » Dans une cité balnéaire, résidentielle et pavillonnaire comme Pietranera, quelques familles avaient déjà organisé un compostage naturel dans leur jardin, en jetant les déchets végétaux dans un trou amenagé à cet effet. Une solution tout à fait acceptable. Toutefois, une campagne de distribution publique et pédagogique et de plus évaluée et chiffrée mois après mois, va encourager les habitants à réduire de manière significative le poids quotidien de leurs poubelles d'ordures ménagères. Mme Vitali précise : « il nous a semblé important d'être un foyer témoin. Nous le faisons pour la Corse toute entière, pour la Communauté d'Agglomération et pour la ville de San Martino di Lota. Car je constate que grâce au composteur, qui ne produit aucune odeur désagréable, je réduis beaucoup mes déchets ménagers. L'utiliser est un geste éco-responsable qui ne coûte rien aux familles ! J'ai décidé de jouer le jeu et de partager mon expérience avec les équipes du Syvadec. »
La pratique du compostage protège l'environnement en étant bénéfique pour les municipalités équipées pour le tri et la collecte sélective.
Question gestion et coûts, le compostage génère des économies considérables réalisées sur le transport et le traitement de ces résidus fermentescibles car dit-elle " chaque composteur peut traiter à domicile environ 240 kg par habitant et par an. Ce n'est pas rien ! ". Un avantage certain combiné aux dispositifs et circuits du Syvadec dont la revente pour valorisation de tous les matériaux triés le verre, les métaux, les emballages plastiques, le papier, le carton, les DEEE, les lampes, les huiles alimentaires usagées, les piles. |
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